Groupe de mise en œuvre

Pour porter et faire vivre l’aventure Saisir au passage et ses constellations, Laurie Giordano et Lucie Le Margoarou mènent des ateliers avec un groupe de travail, rassemblant les acteurs et porteurs du projet : artistes, personnels des structures de soin et des structures culturelles. Il vise à imaginer ensemble les chemins. Il est le lieu pour se rencontrer, faire corps et tisser le sens du projet, déployer nos imaginaires, soutenir et relier chacun.e.s.

La deuxième rencontre avec ce groupe s’est déroulée le 17 février 2021 au Deux Pièces Cuisine au Blanc-Mesnil. Elle a donné naissance à une exploration, des corps en mouvement, du regard que l’on pose, des mots qu’on échange et partage.

Les mots de chacun.e, mis bout à bout… ça donne ça :

Une rencontre agréable de joyeux fous.

Une cohésion inattendue changeante, dispersée.

Un écho attentif du vivant

dans un bocal mystique, sincère.

C’est un tout aérien, une tempête, une étoile, un silence,

un après en recherche de vagues

ou de sous marin zen en éclosion.

Une spirale dense, explosive, suspendue comme un champs de fleurs.

Une équipe animale mobile, une surprise burlesque, féline et festive,

avec du contact cocasse, un coup de main global touchant.

Bye-bye douceur !

L’échange lourd, complice, joyeux,

bascule comme des chats qui s’amusent.

Comique, humoristique concentration, par ici !

Il est éclaté, il a un noyau vivant, apaisant, calme et sombre. 

C’est un jeu, une gravité sensuelle soudée comme se réunir.

Allons-y, le théâtre est à nous !

Un accordage des liens qui se resserrent à l ‘écoute,

Un va et vient individuel ensemble,

une promenade attractive mobile en tâtonnement.

Bercer ensemble, en paliers, des sorties de murs

et 200 amours groupaux…

C’est à nouveau un tout hélio-centré restreint,

un élargissement, 

une belle vie linéaire, fluide et légère,

un groupe sautillant, véloce, entier, drôle,et changeant,

une complicité groovy 

un océan profond et habité en création lente,

une attirance saccadée, une écoute ascendante.

Le printemps, joie tristesse du vent en balade,

un méli-mélo investi en volumes,

large proche en lien, 

un rassemblement central, un au revoir indécis.

Ampleur soudée brillante sautillante.

Amusement souple, élastique.

Réveil explosé, ludique, énergique, tissage entrainant.

Un rapprochement divers,

une envie fluctuante,

vive…

La troisième rencontre a eu lieu le 14 avril 2021 à l’EPMSD Les Moulins Gémeaux de Saint-Denis. Après une mise en mouvement des corps, les participants ont partagé leurs ressentis en répondant à un questionnaire.

1. Nommer les différentes sensations éprouvées pendant l’expérience

Plaisir, joie, jeux, bonne atmosphère, connivence, liberté, curiosité, échange, ouverture, connexion aux autres, imitation, alternance, mimétisme,

Espace : Dilatation/rétractation, espace redessiné, vide/plein, recherche de l’espace

État de corps : lourdeur, raideur, rythme cardiaque qui s’accélère, chaleur, respiration, moment pour moi, être porté, empêchement, circulation,

Intimidation, crainte,

Équilibre à tenir, circulation, légèreté/lourdeur, mouvement comme une vague, se sentir sphérique et courbe, sentir son corps dans son entièreté et sa globalité, joie, plaisir, curiosité, complicité, liberté, appuis très mobiles, être dans l’instant, détente, chaleur, se sentir un petit fragment de l’espace immense, apesanteur, étouffement, griserie de l’espace, intensité des regards, envie d’éclater sa bulle et celle des autres, isolement, harmonie avec ses partenaires, surprise, amusement.

2. Qu’ai-je fait de la consigne ?

Essayer de s’imaginer la bulle autour de soi.

Seul, j’étais concentré sur la consigne. En duo, c’était plus difficile de suivre ces consignes.

La consigne est comme un support à la rencontre, comme un guide, un appui.

S’appuyer sur/ redécouvrir/ jouer avec.

Le mimétisme est rassurant.

Essayer de la suivre, l’intégrer puis la partager, retourner la chercher chez l’autre, m’y tenir coûte que coûte puis lâcher prise et m’en éloigner.

S’appliquer, réaliser puis expérimenter et se laisser inspirer par la rencontre avec l’autre.

Au moment du duo, aller-retour entre perception, inspiration et ce qu’il en reste.

Les consignes comme une addition, une superposition, faire des choix, s’y perdre.

Lâcher la consigne et faire en fonction de ce qu’il se passe autour de moi.

Répondre à l’autre plutôt qu’à la consigne.

L’oublier.

M’y perdre.

3. Que met en jeu cette expérience ?

Chercher des distances différentes. Inter-relation entre trois mondes : celui de chacun des deux danseurs et le commun.

Relation aidé/aidant.

être un support. Construire pour soi-même puis offrir.

Intérêt pour la bulle de l’autre.

Essai de synchronie avec l’autre.

Chercher les vides comme support.

Capacité de rencontre avec l’autre avec nos rythmes. Difficile d’allier le regard et les mouvements.

Se sentir porté par le regard, la complicité et le soutien. Ce que crée le corps dans l’espace, un imaginaire.

Une histoire sensible qui se raconte dans le corps. Pas possible de le raconter mais possible de l’éprouver.

Sensation de jouer dans l’instant, se jouer de l’instant et ne pas se faire happer par le mouvement.

Question de style : imitation ou imaginaire.

Les changements sont compliqués (rentrer dans l’univers de l’autre).

Écoute de soi, de son corps et de l’autre, des autres.

Écoute du groupe, faire ensemble.

Partager l’espace, son espace et l’espace globale.

Créer une rencontre, un dialogue, un échange (malgré le masque et sans la parole !). Communication non verbale.

Stimule l’imaginaire.

Laisse émerger la personnalité de chacun, multiplicité des réponses et des univers.

Rythmicités diverses.

Visiter et observer ce qui nous va le mieux (vitesse, tendance, partenaire…).

S’autoriser.

Se déplacer au sens propre comme au figuré.

Accepter un temps de flottement où on ne sait pas et se réajuster, réactivité, faire des choix.

Offrir de l’espace à soi, goûter la géométrie de l’espace.

Travail du regard focal et périphérique.

4. Décrire un moment réellement vécu dans les ateliers qui ferait écho à l’expérience d’aujourd’hui.

Marcher avec le regard pour créer un groupe, amène de la complicité.

Décalage entre l’attention au corps de l’autre en EHPAD et dans ce groupe, différence d’amplitude des mouvements.

Le grand espace peut paraître vertigineux.

Changement d’état du corps permanant, multiplicité des rencontres, faire des choix, être immergé, état de conscience particulier, aller retour entre dedans et dehors, entrer en relation.

Le 11 mai, dans le gymnase de l’EPMSD Moulins Gémeaux, nous avons partagé notre travail avec Valérie Pihet, chercheuse en charge de la mission évaluation du projet. Son implication dans l’aventure va nous aider à traduire l’expérience vécue et à qualifier les modalités à l’œuvre dans le projet. Ensemble, nous avons éprouvé nos interdépendances, questionné et visité nos appuis : présents, manquants, désirés et rêvés.

Le 7 juillet, nous nous retrouverons avant la trêve estivale sur le plateau du TLA. Ce temps porté par le chorégraphe Kevin Jean, s’articulera autour du partage d’expérience : échanger notre vécu de danse, nos sensations, nos émotions.